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Le sport scolaire - EPS & Société

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Retrouvez les suppléments électroniques dans ce sommaire

édito

Le sport scolaire, une ambition à libérer (J. Lafontan)

Problématique

  • L’UNSS à cœur, au cœur de l’UNSS (Mélanie Pelletier, Nathalie François, Jean Lafontan)

Le dessous des mots

  • Union (J.-P. Lepoix)

Des pratiques

Regard sur les pratiques

  • Innovation et gestion des hétérogénéités (B. Lebouvier)

Regard

  • Des équipements au service du sport et de l’art scolaires, théâtre de toutes les émotions (P.Y. Pothier)
  • Son histoire démontre pourquoi il faut défendre le sport scolaire
  • et le promouvoir (J.P. Lepoix)
  • Les élu.es des AS, Quésako ? (M. Pelletier)
  • à propos d’égalité et de mixité (C. Ottogalli-Mazzacavallo)
  • Le sport scolaire, état des lieux et ressentis…entre espoir, vague à l’âme et frustration (M. Pelletier, D. Lecamp, D. Cacheux et J. Alphonsi)
  • Usep, une vitamine pour l’EPS à l’école primaire (C. Pontais)
  • Le sport scolaire en chiffres (J.P. Lepoix)

Controverses

  • Entre unité et diversité : quel(s) sport(s) scolaire(s) ? (A. Becker)
  • AS et clubs, une perspective dynamique (J. Lafontan)

Résonance

  • Le sport scolaire en Europe (B. Cremonesi)
  • Quand le sport scolaire s’impose comme référence (D.Bérillon)

Quoi de neuf, chercheur ?

  • L’EPS en contexte scolaire d’excellence : l’exemple du lycée Henry IV (S. Pochon, C. Debars)

Actu EPS

  • à propos de forme de pratique scolaire (D. Kraemer, A. Becker)

Magazine

Kiosque

Hors-série n°30 ­– mai 2022

Le sport scolaire

une ambition à libérer

Le sport scolaire

Tout gouvernement attaché à la démocratisation du sport, entendu comme cause anthropologique liée à la vie même, ne peut recueillir un jugement positif s’il ne s’engage pas fortement sur deux tâches : l’extension de l’EPS, comprise comme vaste éducation corporelle, et celle du sport scolaire. Passée un peu inaperçue dans la dernière campagne présidentielle, la question sportive n’a fait qu’entériner une situation de fait où les couches les plus favorisées s’investissent ici, naturellement, sans autre forme d’incitation alors que les couches les plus éloignées, et les plus nombreuses, restent durablement spectatrices de ces activités. Les efforts gouvernementaux ne sont pas à la hauteur des exigences de la démocratisation du sport. Les seuls outils directs qu’ils possèdent pour faire évoluer ces situations sont bien le développement de l’EPS et du sport scolaire, compris de plus en plus dans l’opinion, comme étant une solution à une évolution sociétale qui réduit toute une partie de la population à une sous-activité physique chronique. Sauf à penser que les questions du loisir et du « buen vivir » soient des perspectives insupportables pour des gouvernements qui n’ont de cesse d’assujettir leurs citoyens, de limiter leur développement, leurs espaces de joie. Une autre perspective de saisissement de tous les aspects de l’inventivité démocratique humaine doit être mise à portée de toutes et tous : ainsi le sport sous toutes ses formes et les activités artistiques.
L’histoire du sport scolaire est marquée par les hésitations permanentes de son intérêt par tous les gouvernements, de droite et de gauche. Pourtant ce service public possède une dynamique originale et typiquement française, portée par un volontariat qui prolonge un statut ; les enseignant.es ont un forfait d’animation, qui, s’il n’était réduit qu’à sa stricte application, ne produirait en rien les réalisations actuelles tant dans leur ampleur, leur créativité, les voies d’innovations. Ces conditions produisent un ralliement d’une partie importante de la jeunesse scolarisée. Voilà pour la qualification centrale de cette activité.
Dans cette revue, nous avons pris le parti de montrer l’étendue de cette dynamique dont le corps enseignant est certes organisateur mais « supportérisé » par de nombreuses autres composantes qui en font aussi sa réussite.
Il faut s’attarder sur son histoire qui n’est faite que de luttes pour proposer un éventail de dispositifs afin de satisfaire toujours mieux les jeunes ; tout est organisé à partir de ces deux piliers que sont l’AS d’établissement, fondatrice et constitutive du réseau national UNSS, et les districts, créations plus récentes et lieu de vie initial de « l’esprit sport scolaire ». Les compétitions, dans la multiplicité de leur expression, les festivals, en sont les charpentes qui permettent l’expression la meilleure, des équipes, troupes, et individus.
Le sport scolaire s’est constitué comme une totalité de vie associative, ancrée sur les grands objectifs de l’école ; il doit pouvoir aspirer à jouer un rôle encore plus structurant de toute la jeunesse scolarisée parce qu’il porte non seulement ses exigences optimales de performance mais surtout parce qu’il vise à rassembler les plus distantes et distants aux pratiques sportives et artistiques ; un tel engagement est un fait social bien plus important que la conquête d’une prouesse rare exprimée par quelques un·es.
Nous le disons fortement : le sport scolaire est l’avenir du sport civil mais il n’en est pas pour autant son substitut.

Jean Lafontan