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L’EPS est santé - EPS & Société

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Retrouvez les suppléments électroniques dans ce sommaire

édito

  • Quelle santé ! (J. Lafontan)

Problématique

  • Loin du silence des organes, « le brouhaha des corps » (A. Becker)

Le dessous des mots

  • La forme (J.P. Lepoix) p.7

Des pratiques

Les petits riens

Regard sur les pratiques

  • Des pratiques qui nous parlent (B. Lebouvier)

Regard

Résonance

  • Le sport c’est la santé ! un mythe performatif (G. Loirand)
  • Santé et sport en danger de méfiance (J. Lafontan)
  • Et le sport ! (M. Rieu)

Controverse

La recherche ça questionne

  • Etude de l’INSERM (Y.Léziart)

Magazine

  • Grand format ! le sport fait mâle (C.Guérandel)
  • L’échec scolaire ça se soigne ! (S.Morel)

Kiosque

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HS N°16 – Septembre 2016

L’EPS est santé

Conquérir quelle santé ?

L’EPS est santé

Affirmer que l’EPS est santé, ici, dans ce Contre Pied, c’est affronter l’air du temps ?
La santé a envahi l’espace public. Impossible d’y échapper. La part qui nous intéresse plus spécialement ici tient à tout le vacarme orchestré par le ministère des sports, de l’Éducation aussi, qui veulent associer sport, EPS et santé à partir d’options que nous
contestons.

L’ambition de ce Contre Pied est d’éviter les deux écueils suivants :

  • soit, réduire la santé à des exercices sans autre ambition que la dépense énergétique, physiologique (« bougez-vous la santé »). Il s’agit alors de mettre en mouvement des inactifs, pensant qu’ils peuvent se satisfaire d’activités dénuées d’apprentissages et d’ignorer les questions sociales qui limitent ou interdisent l’accès aux autres pratiques. On recherche alors les territoires les plus carencés et les publics les plus éloignés pour leur proposer une offre adaptée à leurs supposés besoins.
  • Soit, soumettre la santé à une approche individualisante, marchande centrée sur un « bien être » convenu, distinctif, sur une image de soi conforme aux normes sociales dominantes. Le « sport » n’étant plus qu’un prétexte pour paraître, sans autre valeur ni motifs culturels particuliers.

Dans l’un et l’autre cas, la question des APSA est reléguée au rang de moyens pour des fins qui leur échappe et sur lesquelles elles n’auraient aucune emprise.

Nous prenons le contrepied de ces deux voies en portant l’idée que c’est dans le cœur des pratiques sportives et artistiques, dans leur apprentissage que se joue la formation des individus, leur bonne santé.

Notre ligne de démarcation porte l’idée de la formation d’un.e praticien.ne, nourri.e par l’exigence d’une amélioration conséquente de ses performances, améliorations obtenues par des entrainements d’intensité, de durée et de qualité suffisants.
Cet individu sportif et artiste est un individu de conquête, de dépassement de soi, qui vise à transformer son milieu, qui a prise sur sa vie, en association avec les autres et dans les luttes nécessaires. Cette vision dynamique de la santé est soutenue par tout un courant d’opinion qui éloigne de toutes les idéologies et actions au rabais. Loin des assignations, prescriptions, slogans et dogmes simplistes et culpabilisateurs, elle met en perspective une éducation physique et sportive ambitieuse et exigeante au
plan des acquisitions motrices et des mobilisations cognitives et
relationnelles.

Ce Contre Pied doit être lu comme une invitation à penser l’émancipation, donc la santé, à partir des pratiques physiques sportives et artistiques conçues comme un terrain où peut se constituer le libre développement de soi dans le développement de tous, condition indispensable à toute vision sociale de la santé.

Jean Lafontan.