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FSGT : Le projet « Sport fraternité » : avec les enfants palestiniens en situation de handicap

Yves Renoux - 17 avril 2015

Les deux Intifidas et la répression que subissent la jeunesse et la population laissent des traces dans les corps et accroît la sensibilité de la société palestinienne à la problématique du handicap. Mais son attitude vis-à-vis du handicap est ambivalente, car la naissance d’un enfant différent peut être perçue comme une malédiction divine, la punition d’un péché, et elle culpabilise les familles qui sont tentées de dissimuler cette difficulté pour ne pas nuire à leur bonne réputation et compromettre les futures alliances de leurs enfants.

Dans le prolongement de son implication « Sport solidaire » en Palestine, la FSGT a été interpellée sur la question du handicap et elle s’est engagée dans une aventure humaine exceptionnelle. Yves Renoux, professeur d’EPS, coordinateur des projets de coopération internationale à la FSGT, revient ici sur un processus étalé sur plus de dix ans. Ce pourrait être une source de réflexion quant à la manière dont des sociétés en difficulté peuvent évoluer et prendre en compte cette dimension du droit à l’éducation de tous leurs enfants.

Les prémisses du projet en direction des enfants en situation de handicap

En 1999, la FSGT s’est engagée en Palestine dans le projet « Hébron Vivre la Ville ». Pour promouvoir « un sport qui n’oublie personne », il intègre un volet animation de rue au cœur de la vieille ville sous occupation militaire et coloniale.

Il rencontre un grand succès pendant 6 ans et se prolonge en 2005 par le projet « Sport Fraternité Palestine ». L’idée est de constituer un réseau d’animation et de formation pour le sport éducatif des enfants palestiniens vivant dans les situations les plus difficiles au sein des territoires occupés. S’appuyant sur les réussites des animations de quartier du projet « Hébron Vivre la Ville », la FSGT soutient la constitution d’une équipe d’éducateurs capables de proposer des activités sportives ouvertes et régulières aux enfants de la vieille ville qui souffrent le plus de leurs conditions de vie. Ces animations de rue, sur les places de quartier et dans les cours d’école, à Hébron et dans des camps de réfugiés, répondaient à trois impératifs : les enfants entrent dans les activités sportives par le jeu ; tous les enfants jouent ; les enfants réussissent et progressent en jouant.

2009 : le démarrage du projet [1]

Suite à l’expérience acquise, la jeune équipe éducative « Sport Fraternité » est sollicitée en 2009 pour proposer des activités à Blind Charity Society, une association en charge de l’éducation d’enfants non et mal voyants. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un Programme inter-associatif franco-palestinien, « Enfance, jeu, éducation », soutenu par le ministère des Affaires étrangères français. Les « échanges croisés » entre « Sport Fraternité » et cette association vont susciter une aventure pédagogique et sociale, générer un enthousiasme partagé et un engagement durable de tous.

Serge Tracq, enseignant d’EPS et formateur FSGT, impliqué dans les projets en Palestine depuis 2000, témoigne de ces débuts : « Quand on m’a proposé d’intervenir, j’ai tout d’abord fait un état des lieux des espaces et du matériel disponibles, j’ai rencontré la direction et les éducateurs pour comprendre la place accordée aux jeux et activités motrices, autant dire quasi nulle... J’ai fait le tour des souks pour me procurer du petit matériel : ballons en mousse, clochettes, baudruches… Ce qui est important c’est le partage, des situations authentiques qui impliquent valides et enfants en situation de handicap et qui suscitent l’autonomie, les échanges entre voyants et non voyants et qui révèlent des compétences.  » Sont proposés des jeux d’équilibre, des jeux de balles par deux ou trois, des jeux collectifs avec des ballons sonores...

Les premiers effets sont décrits par Grégoire Osoha, alors coordinateur de « projets Palestine » à la FSGT : « Quand tu vois, après les premiers moments de tâtonnements, comment ces enfants s’engagent dans ces jeux et la joie que cela leur procure, tu comprends très vite combien est important ce besoin d’activité physique. J’ai vu des enfants se métamorphoser. Et quand un enfant progresse dans ces conditions c’est toutes sa personnalité profonde qui en bénéficie en terme de conquête de l’estime de soi, de confiance en soi et dans les autres. Dans ces démarches, j’ai vraiment compris qu’une éducation sportive pouvait être une éducation en profondeur, mais, paradoxalement, le premier constat qui me vient à l’esprit c’est que les premiers bénéficiaires, ce sont les pédagogues. Je l’ai observé avec Abu Amin, l’éducateur du club de lutte : après son intervention à Blind Charity, quand il est revenu dans son club, il a mis en œuvre les situations qu’il avait expérimentées avec les non voyants, il a modifié les jeux et les situations, enrichi ses propositions. »

Ce bilan est partagé par les responsables de l’association, si bien que les interventions des éducateurs palestiniens de « Sport fraternité » ne lâchent rien : « Avec Abu Amin, nous avons poursuivi l’activité tous les lundis où nous animions trois séances  », raconte l’un d’eux, Yacub Abu Turki, aujourd’hui enseignant d’EPS.

De leur côté, les éducatrices sont enthousiastes : « Les enfants sont très heureux. Le lundi, il n’y a pas un seul enfant absent. À la fin des séances, les enfants expriment beaucoup leurs émotions. Ils expliquent à leurs parents qu’ils se sont régalés, qu’ils veulent refaire les jeux qu’ils ont pratiqués et en apprendre de nouveaux. Nous avons observé que les jeux sportifs suscitent plus de coopération, d’entraide entre enfants mal voyants et non voyants.  » Des changements qui ne se limitent pas aux enfants : « Dernièrement, les moniteurs ont été bloqués par les soldats, nous nous sommes lancées et avons mis en place les activités... » Reste le principal obstacle : « Nous manquons de tapis de gym. Les enfants aiment tourner, se renverser, sauter ».

Comme le soulignent ces témoignages, le sentiment d’utilité et de réussite est tellement partagé par tous les protagonistes que, lors du bilan, en mai 2009, de ce programme « Enfance, jeu, éducation », les dix associations palestiniennes participantes demandent que les prochains programmes impliquant la FSGT mettent au premier plan la contribution de la culture physique et sportive à la socialisation et à l’éducation des enfants palestiniens en situation de handicap.

2010 : l’élargissement du projet

Une opportunité se présente pour concrétiser cette nouvelle priorité. C’est le Centre socio-sportif pilote, nouvellement créé dans le quartier de Tariq Ben Ziad, à Hébron, dont le projet d’utilisation inclut l’accompagnement de la formation des personnels et des éducateurs [2]. Ce centre dispose d’une grande salle de lutte, d’un bassin couvert de natation et d’une cafétéria pour les réunions et la convivialité. Le cahier des charges comprend quatre volets principaux :

  • l’optimisation de l’utilisation du Centre par l’EPS ;
  • l’accès des femmes aux activités du Centre ;
  • le développement du projet sportif et social de la lutte, qui a été à l’origine de ce projet ;
  • l’accès de publics en situation de handicap.

À partir de là, les interventions auprès des enfants en situation de handicap peuvent s’élargir à trois nouvelles associations où sont implantées des écoles qui accueillent des enfants sourds et malentendants, des jeunes présentant une déficience intellectuelle et d’autres présentant une déficience motrice. Soit 250 jeunes concernés.

2011 : de nouveaux moyens pour de nouvelles actions

De janvier à juin 2011, il s’est agi de prolonger les interventions des éducateurs « Sport fraternité » dans les associations concernées pour que prenne corps un projet plus pérenne sur deux ans, portant sur la formation des éducateurs et éducatrices, la dotation d’équipements adaptés, l’intégration des activités sportives aux projets éducatifs, l’organisation d’actions de sensibilisation et la garantie de l’accès au Centre socio-sportif pour ce nouveau public.

En mars, un étudiant de l’UFRSTAPS d’Orsay est volontaire pour faire son stage pratique à Hébron. L’objectif est de co-construire localement et de tester un nouveau projet pilote avec quatre associations en charge de l’accueil et de l’éducation d’enfants en situation de handicap.

Au printemps, le projet bénéficie d’un apport précieux. En effet, la réussite du projet « Un Stade pour Gaza », pour faire avancer le droit des enfants de Gaza et de Cisjordanie à l’éducation par le jeu et par le sport, a permis de bénéficier des fonds collectés par les jeunes participants aux tournois de football à 7 auto-arbitrés, dans 26 villes. Ils financent l’institut Canaan d’éducation populaire à Gaza et les projets pilotes pour les enfants en situation de handicap à Hébron.

En septembre, la volonté d’accompagner la formation sur le terrain débouche sur l’embauche de deux éducateurs/formateurs référents, Ismail Waz Waz et Tayseer.

2012 : les actions de formations s’intensifient

Une formation continue au plus près du terrain

Les deux éducateurs-formateurs embauchés interviennent dans les associations partenaires. L’objectif est de réussir la greffe de la culture des jeux et des sports de l’enfant dans la vie et le projet éducatif de chaque association. Les animations visent à être reproductibles au-delà de l’intervention des éducateurs. Les interventions dans les associations se poursuivent pendant un an, auxquelles s’ajoutent des animations dans le Centre Tariq Ben Ziad, doublées d’un programme de formation à la mise en œuvre d’activités physiques et sportives en direction de dix éducatrices. « L’enjeu est d’éviter de se substituer aux équipes éducatives en place, mais plutôt de développer leur capacité à élargir leur palette d’intervention éducative, à susciter un processus de formation continue », précise Serge Tracq.

Un stage en direction des associations

En juin, ce stage, organisé avec l’appui du Croissant rouge, est piloté par Serge Tracq et l’équipe « Sport fraternité » locale. Il s’adresse en premier lieu aux éducatrices et aux personnels des associations, ainsi qu’aux enseignants d’EPS intéressés. La formation est basée sur l’alternance entre des jeux pratiqués par les stagiaires et des animations de séances avec les enfants. Il s’agit d’enrichir le répertoire des jeux et activités praticables dans le contexte des associations.

Octobre 2012 : une étape décisive

Cette étape est structurée en cinq actes, sur plusieurs lieux. Sont organisés un stage formation sur des jeux, un événement autour d’une pratique partagée, un séminaire d’analyse de pratiques, une Conférence à Ramallah et l’ouverture de perspectives.

- Un stage. Piloté par Serge Tracq, il a pour objet la mobilisation sur des jeux divers : des jeux coopératifs, de lutte, des jeux de balles, de raquettes, d’équilibre, de gymnastique et d’expression.
Ce stage a été marqué par un événement étonnant dans une ville et un quartier réputés pour leur conservatisme. Il n’ y a eu aucune difficulté pour pratiquer une APSA en mixité, alors que jusqu’à présent ce n’était pas négociable dans les nombreuses actions de formation menées depuis plus de dix ans.

- Un « chef d’œuvre pédagogique » de l’action de formation. C’est la réalisation d’une « journée de la joie et de pratiques partagées » entre enfants valides et enfants en situation de handicap, organisée au centre du Croissant rouge.

- Un séminaire d’analyse des pratiques à Hébron, avec les contributions de Jean Pierre Garel, formateur spécialisé dans le champ du handicap, et de Roy Compte, vice-président de la Fédération française du sport adapté. Le séminaire est organisé autour des questions suivantes :

  • quels sont les effets perçus des pratiques en EPS par les associations : sur les enfants, les autres enseignants et les parents ?
  • quel(s) gain(s) d’autonomie, et autre(s), pour ces enfants ?
  • quelles sont les difficultés rencontrées ?

À partir de l’écoute des acquis et des obstacles évoqués, Jean Pierre Garel et Roy Compte ont apporté des éléments de réponse et de réflexion, en s’appuyant si besoin sur des documents video, concernant la prise en compte des particularités d’enfants atteints de déficiences diverses.

- La Conférence de Ramallah. Elle portait sur les enjeux de l’activité sportive des enfants en situation de handicap, en particulier dans le cas d’une pratique partagée avec des valides, sur les conditions nécessaires pour obtenir les bénéfices attendus de cette pratique, et sur le sport comme facteur d’intégration et de résilience. Elle a été nourrie par les conférences de Jean-Pierre Garel et de Roy Compte, et aussi par les interventions de personnes en situation de handicap. Y ont participé plus de 80 éducateurs, militants et décideurs, ainsi que le Consul de France.

- L’organisation d’ateliers ouvrant des perspectives et déclinant des propositions pour enrichir les politiques publiques et celles des ONG, en particulier sur les questions suivantes :

  • la formation initiale et continue des éducateurs et enseignants ;
  • l’accessibilité des pratiques d’APSA pour des personnes en situation de handicap ;
  • une politique de sensibilisation pour l’avancée effective des droits aux APSA des personnes en situation de handicap en Palestine.

Mars 2013 : une formation professionnalisante

Piloté par JP Garel, le stage s’attache notamment à une articulation entre théorie et pratique qui permette de prendre en compte les besoins particuliers des enfants en situation de handicap et de conduire chacun, avec les autres, à progresser. Dans ce but, il s’agit :

  • d’initier une démarche de projet impliquant de fixer des objectifs, de proposer des contenus, de concevoir les moyens et les modalités des interventions et d’évaluer les actions entreprises ;
  • de conduire des interventions auprès de groupes comprenant des enfants aux déficiences diverses, dont certaines plus prononcées que celles rencontrées jusqu’ici (enfants en fauteuil roulant) ;
  • d’observer les enfants durant leur activité pour identifier les obstacles qu’ils rencontrent, la façon dont ils s’y prennent pour les surmonter et les ressources dont ils disposent ;
  • de comprendre quelques principes organisateurs des adaptations didactiques et pédagogiques.

La formation comprend des temps : 

  • de préparation et d’animation des séances prévues pour des enfants d’Hébron en situation de handicap ;
  • d’échanges et de réflexion sur la conduite des séances ;
  • d’études de cas présentés à partir de videos permettant d’analyser les facteurs de difficulté objective liés à des situations d’activité physique et sportive, de les croiser avec les ressources propres à un(des) enfant(s) que l’on voit s’y confronter, puis de proposer des adaptations ;
  • de pratique physique et sportive par les éducateurs placés dans des situations handicapantes, d’observation de cette pratique puis d’échange autour d’elle ;
  • de présentation d’éléments de méthodologie propres à améliorer l’intervention.

En termes de bilan partiel, les stagiaires sont passés peu à peu :

  • d’une animation par tous, où l’on ne sait pas qui fait quoi, à une meilleure distinction entre les rôles d’animateur et d’observateur ;
  • d’un papillonnage d’une activité à l’autre à un maintien plus durable dans une même activité, en en faisant varier les conditions de réalisation pour l’approfondir et en adapter la difficulté aux enfants. Ce progrès a été souligné plusieurs fois lors du bilan effectué par les stagiaires, traduit par l’expression « on a appris à développer l’ (les) exercice(s) »
  • d’un accompagnement surprotecteur des enfants à une distance plus mesurée.

Pour autant, ces éléments positifs ne doivent pas masquer le chemin qui reste à parcourir :

  • La capacité d’observer l’activité d’un enfant, d’identifier les obstacles qu’il y rencontre ou non, a pu s’exprimer dans l’analyse de documents audiovisuels, mais l’observation des enfants réels est plus difficile et reste prisonnière de préjugés. Par exemple, le recours à des repères sonores pour les enfants déficients visuels ne tenait pas compte d’une réalité pourtant observable : les enfants présents voient, mal certes, mais suffisamment pour réussir les tâches proposées pour peu qu’on leur fournisse des éléments de repérage adaptés, qui par ailleurs contribuent à une stimulation visuelle bénéfique. Seul un enfant, et uniquement dans certaines situations particulières, pouvait être aidé par des repères sonores.
  • La capacité de questionner sa propre pratique demeure à approfondir. Ainsi, avant d’attribuer à des enfants sourds la responsabilité d’un investissement « modéré » dans une situation, on pouvait se demander si la tâche proposée était pour eux motivante, en l’occurrence si elle n’était pas trop facile. Ce qui était le cas.

Cette capacité de réflexion sur sa pratique, au cœur de la conception d’une formation professionnelle qui vise l’émergence d’un enseignant concepteur plutôt qu’applicateur de « bonnes pratiques », est une condition de l’adaptation ultérieure à des situations d’enseignement ou d’animation toujours plus ou moins singulières. Elle concoure à l’autonomie d’éducateurs trop souvent en attente de l’avis exprimé par la personne qui fait autorité. Qu’elle soit à perfectionner, de même que la capacité de faire évoluer une activité en y maintenant les enfants suffisamment longtemps pour qu’ils y soient confrontés à des situations de plus en plus élaborées et à des progrès motivants est bien normal, et pas qu’en Palestine !

Mai 2013, consolidation d’un réseau coopératif pour des effets durables

Deux nouvelles actions viennent consolider et élargir le réseau palestinien. C’est l’organisation des premiers stages dédiés aux pratiques partagées, avec l’appui de l’Éducation nationale et des ONG locales, ainsi que l’implication des éducateurs formés au cours des actions précédentes :

  • le stage d’Hébron, piloté par Serge Tracq et Stéphanie Lentz, enseignante d’EPS spécialisée dans le champ du handicap, a lieu dans le prestigieux Palais des sports ;
  • le stage de Tulkarem, à l’initiative du comité FSGT de Seine Saint Denis, est piloté par Clément Rémond, Bruno Cremonesi et Ismail Waz Waz. Pérennisé, il est reconduit chaque année.

En conclusion, des enseignements transposables 

Cette expérience a été particulièrement gratifiante pour tous les acteurs palestiniens et français. Ils ont eu le sentiment d’une véritable utilité sociale et vécu une réussite collective. L’exigence de prendre en compte les besoins éducatifs des jeunes en situation de handicap conduit à porter un regard renouvelé sur l’enseignement et l’animation des APSA auprès d’un public « ordinaire ». Elle favorise l’approfondissement des connaissances et des démarches didactiques et pédagogiques, ainsi qu’une attitude beaucoup plus ouverte au changement et à l’innovation. Cette expérience confirme que le chantier que nous avons ouvert a des retombées bénéfiques sur l’ensemble de l’éducation physique et sur la formation des maîtres dans son ensemble. Nous serions même tentés de recommander d’accorder une place stratégique à cette problématique dès le début de la formation initiale des enseignants d’EPS.

Enfin, l’engagement dans un tel processus a incontestablement renouvelé et suscité de nouveaux engagements militants, déclenché de nouvelles vocations professionnelles [3], de nouveaux projets de formation initiale et continuée, et relancé à la FSGT la sensibilisation et l’intérêt porté par les thèmes des pratiques partagées et de l’intégration dans la vie associative de ces nouveaux publics.

Pour nous, s’ouvre une nouvelle piste de projets internationaux. Le champ du droit effectif à la pratique des APSA et à l’EPS par des publics en situation de handicap peut être un point d’appui fédérateur et émancipateur.

Entretien réalisé par Jean-Pierre Garel et paru dans Contrepied HS N°12 - EPS, Sport et handicap - avril 2015


NOTES

[1Cette partie reprend des éléments, notamment des citations d’entretien, qui ont été publiés dans l’article « Sport fraternité avec les enfants handicapés », écrit par Yves Renoux et Hervé Brézot et publié dans la revue de la FSGT Sport et plein air d’avril 2012 dans le cadre d’un dossier sur le handicap (p. 20-21).

[2 Les financements de ce projet, qui a pris fin en octobre 2013, sont issus de l’Agence française de développement, de la CCAS EDF-GDF, de la Région Ile-de-France, de la municipalité d’Hébron et des actions de solidarité en France (1,5 Millions € au total).

[3 Comme le montre le parcours d’Ismail Waz Waz, qui a intégré dès l’adolescence le noyau initial des animateurs de rue avec « Sport fraternité ». Il poursuit aujourd’hui une formation en Activités Physiques Adaptées à l’UFRSTAPS de Paris Ouest Nanterre La Défense, après avoir obtenu le diplôme de professeur d’EPS à l’université de Tulkarem, en Palestine.

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Sport et cohésion sociale

Yvon Léziart - septembre 2012

Cohésion, inclusion, intégration… les mots et les politiques qui se cachent derrière eux se valent-ils ? Quand on sait que le terme cohésion signifie « unité et harmonie » on se prend à douter que rapportée au social, il ait socialement un sens… Le social étant par excellence le champ de la diversité, des contradictions, des tensions, sociales, justement. Qu’est-ce donc que la cohésion sociale par le sport ? Au-delà de cette question difficile mais déterminante, un constat s’impose : les structures traditionnelles du sport peinent à rassembler les populations. Et ce n’est pas pour autant que les nouveaux modes d’organisation des sports répondent aux attentes nouvelles des pratiquants et encore moins aux besoins de ceux qui n’accèdent pas au « sport ».
Jean-Philippe Acensi (agence éducation par le sport), William Gasparini (Staps Strasbourg), Thierry Long (Staps Nice) ont donc débattu du sport et du social lors d’une table ronde. Yvon Léziart en rend compte ici.

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