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Différence entre EPS et sport… ce n’est pas la bonne question ! - EPS & Société

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Différence entre EPS et sport… ce n’est pas la bonne question !

Claire Pontais - 31 janvier 2020

« Quelle est la différence entre EPS et sport ? » est une question qui souvent posée. Pour les élèves, qui vont « en sport », ont un ou une « prof de sport » ou « prof d’EPS » voire « prof de gym », la question ne se pose pas ! Pour les politiques, la question en sous-entend la plupart du temps une autre : « Pourquoi faut-il des profs d’EPS dans l’Ecole alors que des éducateurs sportifs coûtent moins chers » !

Très souvent les arguments développés ne sont pas convaincants : « le sport de l’école n’est pas le même que dans les clubs », « l’école, c’est la motricité, pas la compétition », « à l’école il y a des finalités pas ailleurs », etc…

La question a été réactualisée par le rapport de la Cour des comptes « Ecole et sport, une ambition à concrétiser » (septembre 2019) ?

Ma première réaction est de dire que ce n’est pas la bonne question !

La différence n’est pas entre l’EPS et le sport, mais entre l’Ecole et les autres lieux où on pratique le sport. En effet, on fait du sport dans de nombreux endroits et à tous âges : à l’Ecole, dans les clubs, au centre aéré, en vacances au camping ou le dimanche sur la plage, en entreprise et dans les maisons de retraite. Donc, la bonne question est : « quelle est la spécificité de l’école en matière de sport ? » Autrement dit, quel est le rôle de l’Ecole ? Que fait-on à l’Ecole qu’on ne fait pas ailleurs, ou plutôt que doit faire l’élève à l’Ecole qu’il n’est pas obligé de faire ailleurs ?

La première spécificité de l’Ecole, c’est qu’elle est obligatoire. Chaque élève doit y aller, même s’il n’en a pas envie. Elle a des programmes, qui correspondent à l’affichage de ce que la nation souhaite faire acquérir, via les disciplines scolaires, à toute une génération d’enfants. Le sport en fait partie : savoir nager, savoir danser, savoir jouer collectif, savoir faire la roue, etc. font partie d’un bagage culturel pour tous et toutes. Le fait que l’école soit obligatoire change tout ! Cela se traduit par un grand nombre de contraintes : l’élève n’a pas le choix, ni du groupe-classe, ni de l’activité, ni des savoirs en jeu, ni de l’enseignant-e (d’où certains problèmes « normaux » de motivation et de sens !). Mais ça ne suffit pas, à l’école, les élèves sont face à une « obligation d’apprendre ». Ils et elles sont confrontés à la nécessité de modifier leurs manières de faire, de penser, d’être avec les autres, et donc se transformer - avec tout que cela coûte d’efforts et d’incertitude, mais aussi de satisfactions lorsqu’on réussit. Au club aussi on apprend bien entendu, mais un enfant qui ne rentre pas dans le jeu, arrêtera ou changera de sport, c’est pour cette raison qu’on ne trouve en club que, très majoritairement, des personnes « motivées ».
Au Centre de vacances, l’animateur sera centré sur le « vivre ensemble » plus qu’au « apprendre ensemble ». On y vient pour jouer, se détendre en petits groupes, d’âges souvent différents. Certes on y apprend, mais les apprentissages seront plus incidents, ou toujours sur le mode ludique. L’enfant ou le jeune sait qu’il n’est pas là pour faire des exercices, répéter ou se poser des questions comme il doit le faire lorsque l’il est à l’Ecole. Il change d’ailleurs de statut : il devient élève. C’est ainsi que certains apprentissages sont de la responsabilité première de l’Ecole si l’on veut être certains que tous les enfants y soient confrontés.

Qu’apprend-on à l’école ? Qu’étudie-t-on en EPS ? Et bien, oui… on étudie le sport ou plutôt des sports (comme on étudie les arts corporels et d’autres pratiques physiques), mais en prenant en compte toutes les contraintes citées plus haut. L’élève doit comprendre qu’à l’Ecole, étudier le sport, c’est se confronter à la pratique (avec ce que ça suppose de répétitions), mais aussi se poser des questions sur le jeu, les règles, sur lui/elle-même pour progresser. L’école, c’est également apprendre avec les autres (qui ne sont pas forcément des proches, et pourtant je dois tenir compte de leur avis, de leur niveau…). C’est ainsi qu’à l’entrée du collège, l’on repère assez facilement les élèves qui ont fait de l’EPS à l’école primaire : ils et elles ont un rapport aux apprentissages en EPS qui n’est pas un rapport de pratique ludique uniquement.

Alors pourquoi faut-il des enseignant.es ? Parce que enseigner et faire apprendre tous les élèves, être ambitieux pour les filles autant que pour les garçons, ceux qui au départ « n’aiment pas ça », n’ont pas envie ou se sentent trop faibles, trop petits ou trop corpulents… nécessite une professionnalité spécifique. Un tronc commun (sur les Activités Physiques Sportives et Artistiques) peut être commun aux 3 corps de métiers (enseignant, animateur, entraineur), mais au final, on a bien trois métiers différents, qui chacun doivent tenir compte des enjeux et des contraintes de l’institution pour laquelle ils travaillent aux bénéfices des jeunes.

Pour aller plus loin : EPS, quelle est le rôle spécifique de l’école ?

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Sport et cohésion sociale

Yvon Léziart - septembre 2012

Cohésion, inclusion, intégration… les mots et les politiques qui se cachent derrière eux se valent-ils ? Quand on sait que le terme cohésion signifie « unité et harmonie » on se prend à douter que rapportée au social, il ait socialement un sens… Le social étant par excellence le champ de la diversité, des contradictions, des tensions, sociales, justement. Qu’est-ce donc que la cohésion sociale par le sport ? Au-delà de cette question difficile mais déterminante, un constat s’impose : les structures traditionnelles du sport peinent à rassembler les populations. Et ce n’est pas pour autant que les nouveaux modes d’organisation des sports répondent aux attentes nouvelles des pratiquants et encore moins aux besoins de ceux qui n’accèdent pas au « sport ».
Jean-Philippe Acensi (agence éducation par le sport), William Gasparini (Staps Strasbourg), Thierry Long (Staps Nice) ont donc débattu du sport et du social lors d’une table ronde. Yvon Léziart en rend compte ici.

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